Dans une petite tasse, quelques gouttes de thé suffisent. Vous aspirez doucement ; l'arôme remonte vers le nez et le Gyokuro paraît soudain plus dense qu'une tasse servie à la théière.
Au Japon, cette manière de boire s'appelle susuri-cha. Le mot vient de susuru, qui évoque l'action d'aspirer avec un peu d'air. Le son peut surprendre, mais il sert la dégustation : l'air ouvre les arômes, chaque gorgée révèle douceur, umami et texture.

Qu'est-ce que le susuri-cha ?
Avec le susuri-cha, les feuilles ne passent pas d'abord par une théière. Elles sont placées dans une petite tasse, puis recouvertes d'un très faible volume d'eau chaude, d'eau froide ou de glace. Si un couvercle est utilisé, il reste incliné pour retenir les feuilles. Chaque gorgée représente une petite cuillerée.
Cette concentration change la dégustation. L'umami qui serait réparti dans une tasse entière se retrouve ici dans une seule prise en bouche. Les premières gorgées sont douces, vertes et marines ; les suivantes gagnent en profondeur. Dans l'esprit d'une sélection de thé artisanal, le susuri-cha invite à écouter ce que quelques feuilles expriment.
Sans couvercle, ça fonctionne aussi
Vous n'avez pas besoin d'une tasse à couvercle pour essayer. Placez les feuilles dans une petite tasse, versez un peu d'eau, puis buvez avec les lèvres resserrées en inclinant le récipient pour retenir les feuilles. Le résultat reste concentré, aromatique et riche en umami. Une tasse trop grande dilue la liqueur ; un yunomi compact ou un petit bol en céramique garde la préparation précise. Nos tasses à thé peuvent servir de point de départ.
Quels thés conviennent au susuri-cha ?
Les thés riches en umami sont les candidats naturels. Le Gyokuro est le choix classique : sa culture sous ombrage favorise la théanine, donc cette douceur dense que le susuri-cha met en valeur. Un Sencha de belle qualité ou un Kabusecha peuvent aussi convenir, surtout si vous aimez une tasse végétale avec une pointe d'astringence.
À l'inverse, les thés de qualité modeste ou les thés torréfiés comme le Hojicha sont moins adaptés, car cette méthode amplifie tout : la douceur, mais aussi l'amertume si elle domine déjà. Pour comprendre les thés ombrés, vous pouvez lire notre guide sur la culture sous ombrage et celui sur la température d'infusion. Notre guide d'infusion du Gyokuro détaille aussi les paramètres utiles.
La version glacée
En été, le susuri-cha peut se préparer avec de la glace. Déposez 4 à 5 g de feuilles de Gyokuro dans une petite tasse, ajoutez environ 20 g de glace, puis laissez fondre pendant 20 à 30 minutes. À très basse température, l'infusion à froid extrait surtout la théanine et d'autres acides aminés. La liqueur devient douce, presque sirupeuse, avec une profondeur marine et très peu d'amertume.
Quand la glace a fondu, inclinez la tasse et buvez depuis le bord. Si vous utilisez un couvercle, retournez-le pour recueillir les dernières gouttes, puis dégustez-les directement dessus. Elles sont souvent sucrées, car elles concentrent ce que les feuilles ont libéré.
Manger les feuilles ensuite
Après le susuri-cha, les feuilles sont pleinement hydratées, tendres et agréables à manger. Assaisonnez-les légèrement avec du ponzu, quelques gouttes de sauce soja ou une vinaigrette douce au vinaigre de riz. Avec environ 5 g de feuilles infusées, deux cuillères à café de ponzu et une de vinaigre de riz suffisent. Quelques graines de sésame ou un peu de daikon râpé peuvent compléter l'ensemble.
Chez FETC, nous aimons le susuri-cha parce qu'il déplace l'attention : moins de volume, davantage de présence. Une petite tasse, quelques grammes de Gyokuro et un moment sans hâte montrent combien une feuille peut contenir de nuances.
